Suivez @CYMH_ON sur twtter!
  • Imprimer cette page
  • Envoyer cette page

Vous apportez la volonté. Les partenariats apportent la différence.

2015-01-15Alexandra Fortier, Andrea Kirkham, Natasha McBrearty and Sabrina Merali

Le projet de champion de santé mentale et de lutte contre la toxicomanie chez les jeunes (en anglais seulement) est une initiative pilotée par l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario (AIAO) en partenariat avec six bureaux de santé de l’Ontario. L’objectif de ce projet est d’améliorer la santé et le bien-être des enfants et des adolescents en insistant sur la promotion de la santé mentale, la prévention de l’abus de drogues, la compréhension de la maladie mentale et la diminution de la stigmatisation qui s’y rapporte.

Voulant tirer parti du travail remarquable accompli à l’échelle provinciale dans le domaine de la mobilisation des jeunes et de la promotion de la santé, les responsables du projet ont fait équipe avec des jeunes, des bureaux de santé mentale, des commissions scolaires, des spécialistes en santé mentale, des enseignants, mindyourmind.ca et le Centre d’excellence de l’Ontario en santé mentale des enfants et des adolescents (le Centre).

Voici quelques réflexions que Sabrina Merali de l’AIAO, Alexandra Fortier de l’Équipe d’appui pour la santé mentale dans les écoles, Andrea Kirkham de mindyourmind.ca et Natasha McBrearty du Centre ont exprimé au sujet de ce partenariat.

  1. Quelles sont l’utilité et la raison d’un partenariat pour le secteur de la santé mentale des enfants et des adolescents?

Natasha (le Centre) : Le fait de rassembler des partenaires du domaine de la santé, de l’éducation, des services à l’enfance et à la jeunesse ainsi que des jeunes personnes autour de la table de planification de ce projet a profité à tous les participants. Cette association nous a permis de partager les connaissances et les ressources des organismes respectifs pour améliorer les activités, éviter le chevauchement des tâches et approfondir notre compréhension commune de la mobilisation des jeunes et des pratiques éclairées par des données probantes. Elle nous a aussi donné la possibilité d’œuvrer pour atteindre un objectif commun par le truchement de nos différents mandats en examinant le projet selon différentes perspectives et priorités. En définitive, elle a précisé l’intention du projet en élargissant sa portée au-delà des limites d’un seul secteur.

Pour le Centre, ce partenariat a été avantageux pour toutes les parties prenantes. Nous avons été en mesure de partager notre expérience en matière de mobilisation des jeunes et, en retour, l’AIAO nous montré comment elle a mis ce projet en œuvre. En outre, le fait d’apprendre comment mindyourmind.ca s’y prend pour concevoir des produits de promotion de la santé en collaboration avec les jeunes va sans aucun doute améliorer la façon dont le Centre travaille avec ses parties prenantes pour coproduire des ressources d’apprentissage.

Andrea (mindyourmind.ca) : Lorsqu’il s’agit d’améliorer la santé et le bien-être des jeunes, le partenariat joue un rôle essentiel. Nous savons que nous travaillons de manière optimale lorsque nous faisons équipe avec d’autres personnes en vue de partager des résultats et des ressources. Les programmes n’ont pas intérêt à travailler en cloisonnement et à répéter inutilement les efforts des autres, surtout lorsque les ressources sont utilisées au maximum à certains moments.

Alexandra (Équipe d’appui pour la santé mentale dans les écoles) : Chacun des partenaires précités a les compétences, les connaissances, l’expérience et les idées nécessaires pour mener à bien tout projet de promotion de la santé mentale. Le travail en collaboration apporte des avantages additionnels, car il permet d’apprendre au contact des autres, de voir une situation sous différents angles et d’offrir un résultat qui surpasse tout ce qu’on aurait pu imaginer au départ. En d’autres mots, seuls, nous pouvons apporter un changement, alors qu’ensemble, nous pouvons influencer le cours des événements.

 

  1. Quels sont, selon votre expérience, les principaux éléments nécessaires à l’élaboration d’un partenariat satisfaisant?

Natasha (le Centre) : L’équipe de l’AIAO accorde une grande importance à la contribution des partenaires, et a favorisé un processus permettant de les mobiliser utilement. Dès le départ, l’AIAO a créé une culture d’appartenance commune. En tant que partenaire, je me sens grandement responsable de la réussite de ce projet. En outre, l’AIAO a consacré beaucoup d’efforts à une communication continuelle et fréquente qui a permis aux partenaires de collaborer et de surmonter les difficultés à mesure qu’elles se présentaient.

Sabrina (AIAO) : L’inclusion et le sentiment de viser un objectif commun sont des éléments essentiels pour bâtir un partenariat satisfaisant. Tenir compte de l’avis de chaque partenaire et comprendre la contribution qu’ils apportent sont deux facteurs d’une importance capitale. Nous apportons tous nos forces. Il est essentiel d’apprécier et de respecter cela. Par exemple, le Centre a joué un rôle important pour permettre aux jeunes de se faire entendre dans le projet. Ce partenariat a permis de faire participer des jeunes à notre comité consultatif provincial. Ils piloteront aussi notre formation centralisée, et cela est devenu possible par les liens de partenariat étroits qui existent avec le Centre et mindyourmind.ca.

Alexandra (Équipe d’appui pour la santé mentale dans les écoles) : Les éléments fondamentaux d’un partenariat efficace sont les suivants : 1) Inclure les partenaires dès le début (de sorte que la planification puisse être effectuée collectivement et que chaque participant ait le sentiment d'être responsable de la réussite du projet); et 2) communiquer efficacement (s’assurer que toutes les parties prenantes reçoivent la même information en temps utile et écouter les points de vue, les opinions et l’expertise du groupe pour être en mesure de rectifier le plan en conséquence).

L’AIAO et les bureaux de santé publique ont élaboré de bons modèles de partenariat et d’inclusion pour ce projet. Ils ont intégré leurs principales parties prenantes à tous les niveaux du processus de planification, à savoir dans le comité consultatif provincial, et dans les comités directeurs locaux. Ils ont aussi communiqué régulièrement à l’aide de diverses tactiques (réunions, téléconférences, courriels, webinaires…), ont écouté attentivement leurs partenaires et se sont adaptés aux réalités particulières de chaque région de la province pour faire en sorte d’atteindre l’objectif du projet.

Andrea (mindyourmind.ca) : Je pense que la condition d’un bon partenariat est de reconnaître les contributions appréciables que chacun a apportées. Lorsque mindyourmind.ca travaille avec de jeunes personnes, qui sont d’ailleurs nos plus remarquables partenaires permanents, nous reconnaissons qu’ils sont les experts de leur propre vie. Parfois, nous intervenons dans des projets où les jeunes sont amenés à créer des ressources pour lesquelles ils ne sont pas des spécialistes du contenu. Cela nous oblige à nous mettre en retrait pour reconnaître le savoir-faire et l’expérience de nos autres partenaires. Il est également essentiel de faire participer les gens au tout début du processus, tout comme il est nécessaire de s’adapter constamment aux besoins. 

 

  1. Quels sont des exemples de mesures à prendre si un partenariat s’affaiblit?

Natasha (le Centre) : À un moment donné, la planification d’un événement de formation centralisée a rencontré un obstacle. Malgré le temps passé en téléconférences, nous avions de la difficulté à faire aboutir notre réalisation attendue. L’AIAO a organisé une réunion en personne qui a été inestimable pour faire avancer le projet. Cette réunion a été utile non seulement pour mettre un visage sur les différents noms (nous nous n’étions jamais rencontrés en personne), mais elle a aussi contribué à cimenter le partenariat en établissant des liens. À mon avis, cette situation a montré que même si la vidéoconférence et la téléconférence constituent des moyens de communication efficaces et peu coûteux, quelque chose d’important se passe lorsque les gens se réunissent, au moins une fois, pour faire progresser un partenariat. 

Sabrina Merali (AIAO) : Quand un partenariat perd de son élan, il est très important de se rappeler de l’objectif commun : quel a été le point de départ du partenariat? Quel est l’objectif? Pourquoi travaillons-nous ensemble? Quels sont les besoins et les priorités des parties prenantes? De plus, il est important d’évaluer les progrès accomplis et d’examiner si le groupe a atteint ses objectifs. Il existe d’excellentes activités de mobilisation communautaire qui peuvent aider à combiner l’histoire et les événements du groupe de manière à déterminer les étapes suivantes.

Alexandra (Équipe d’appui pour la santé mentale dans les écoles) : Nous devons nous rappeler qu’un partenariat est une relation entre des personnes qui se sont regroupées autour d’un objectif, d’une mission et d’activités en commun. Je suis d’accord avec ce que mes collègues ont mentionné : nous devons garder à l’esprit la raison pour laquelle nous avons fait équipe, prendre du recul et faire le point de ce qui a été accompli.

J’ajouterais les points suivants :

  • Expliquer en groupe pourquoi nous avons l’impression que le partenariat s’affaiblit (existe-t-il un gros problème dont personne n’ose parler?)
  • Une fois que les explications ont été apportées, il est essentiel que tous les partenaires offrent des solutions ingénieuses pour surmonter l’obstacle et aller de l’avant.
  • Une fois de plus, il s’agit de relations. Par conséquent, je suis d’accord avec l’importance d’avoir des réunions en personne de temps à autre. Cela est essentiel si l’on doit avoir une conversation difficile, mais il est préférable d’avoir ce genre de réunion avant qu’un problème ne se fasse jour. De cette manière, lorsque le chemin devient cahoteux, les relations ainsi établies contribueront à faciliter le processus.

Selon ma propre expérience, c’est lorsque nous avons ces discussions parfois difficiles, ou lorsqu’un partenariat s'affaiblit, que nous devenons vraiment créatifs et que nous obtenons un résultat inattendu et extraordinaire.

Andrea (mindyourmind.ca) : : Je reprends à mon compte ce qui a déjà été dit. Prendre du recul, réexaminer quels sont les objectifs et trouver un terrain d’entente peuvent aider les partenaires à revenir sur la bonne voie. Je pense aussi que la réunion en personne a joué un rôle clé pour faire avancer les choses. Les possibilités offertes par la téléconférence ne sont pas illimitées. La technologie est formidable, mais elle ne surpasse pas la communication directe, surtout lorsqu'il s'agit d’assembler un projet qui comporte de nombreuses pièces mobiles. 

 

  1. Quel est le partenariat dont vous être la plus fière et pourquoi?

Sabrina (AIAO) : Je ne pense pas être en mesure de désigner un exemple en particulier, mais j’estime que tout partenariat m’en a beaucoup appris et m’a permis de renforcer mes aptitudes en animation de groupe ainsi qu’en travail d’équipe. 

Les principaux enseignements qui m’ont été précieux sont notamment :

  • Comprendre l’objectif commun et avoir une vision collective des résultats du partenariat
  • Comprendre qui sont vos partenaires et quelles sont leurs attentes quant aux résultats du partenariat
  • Reconnaître les contributions de tous les partenaires
  • Être aussi clair que possible, car la clarté aide à instaurer la confiance
  • Apprécier l’expérience apportée par les partenaires
  • Ne pas oublier de s’amuser!

Alexandra (Équipe d’appui pour la santé mentale dans les écoles) : J’ai de nombreux exemples d’excellents partenariats liés autant à mes présentes responsabilités qu’à mes anciens rôles. Ce qui est intéressant avec les partenariats, c’est qu’ils sont tous différents et, comme le souligne Sabrina, on apprend quelque chose de nouveau dans chacun d’eux.

En général, les partenariats dont je suis la plus fière sont ceux qui étaient assortis d’une vision commune claire, où chaque partenaire était pleinement mobilisé et pour lesquels il existait un plan permettant à chacun de savoir ce que l’on s’attendait de nous. Pour tous ces partenariats, nous avions pris le temps de célébrer nos réussites, nous pouvions exprimer nos inquiétudes sans aucun risque, mais surtout, nous nous sommes amusés par la même occasion.

Andrea (mindyourmind.ca) : Les partenariats avec les jeunes sont toujours les plus gratifiants et les plus constructifs. Des jeunes entièrement mobilisés dans un processus font avancer les choses! 

Dans le cadre du présent projet, nous devions répondre aux besoins et aux objectifs des différents organismes, y compris ceux des jeunes participants. Je suis particulièrement fière du fait que les jeunes responsables qui ont participé semblaient enthousiasmés par ce qu’ils pourraient donner en retour à leur communauté après la formation centralisée. 

 

  1. Avec l’expérience acquise, si vous pouviez revenir en arrière pour vous donner des conseils au sujet des partenariats, quels seraient-ils?

Sabrina Merali (AIAO) :

  • Il est extrêmement fructueux de rencontrer le groupe au moins une fois en face à face. Il y a quelque chose dans les réunions en personne qui contribue réellement à la reconnaissance.
  • Tirez les enseignements de vos erreurs : réfléchissez-y, comprenez ce qui s’est passé et essayez de ne pas répéter les mêmes erreurs.
  • Réfléchissez aux besoins des autres parties prenantes : de quoi ont-ils besoin pour progresser? Cela correspond-il à leurs objectifs?
  • Célébrez les réussites! Cela est très important.

Andrea (mindyourmind.ca: Essayez de trouver un juste milieu entre les valeurs de votre programme et comprendre/accepter les valeurs des autres partenaires. En outre, le processus est aussi important que le produit. Il est bien beau de planifier et d’être attentif aux détails, mais il est toujours nécessaire d'adapter et de changer nos plans. Tirez les enseignements de ce qui s’est mal passé et, comme l’a dit Sabrina, célébrez les réussites! 

Alexandra (Équipe d'appui pour la santé mentale dans les écoles) : Une fois de plus, je suis d’accord avec mes collègues :

  • Nouez des relations avec vos partenaires (les réunions en personne sont très profitables).
  • Créez ensemble un plan clair dès le début. Cela favorise la mobilisation et aide les partenaires à savoir ce qu’on attend d’eux.
  • N'oublions pas de préserver la vision! Il peut nous arriver de nous égarer au cours du processus.
  • Amusez-vous!

 

Si vous souhaitez en apprendre davantage à ce sujet, consultez le module d’apprentissage en ligne du Centre intitulé L'établissement et le renforcement de partenariats.

Centre d’excellence de l’Ontario en
santé mentale des enfants et des adolescents

695 avenue Industrial, Ottawa (Ontario) K1G 0Z1
Tél. : 613-737-2297   Téléc : 613-738-4894
Courriel : centre@cheo.on.ca

 

Veuillez noter que nous n'offrons ni conseils ni consultations ou traitements liés à la santé mentale.
Si vous ou quelqu’un que vous connaissez est en crise, contactez Jeunesse, J’écoute au 1-800-668‑6868.

© 2019 Tous droits réservés